Portfolio de Barry Gill

Introduction de Barry Gill,
Responsable des investissements

Diversifier, ou ne pas diversifier ?

La pertinence de cette question n’a sans doute jamais été aussi grande. La diversification est un principe central de la théorie de l’investissement ; de Markowitz à Sharpe en passant par Scholes, Black et Merton, mesurer et valoriser le risque implique systématiquement de prendre en compte la diversification. Pourtant, comme le dit l'adage, « en théorie, la théorie et la pratique sont identiques. Dans la pratique, elles ne le sont pas ».

À première vue, rares sont ceux qui s’opposent à la logique de diversification : « Répartissez vos risques », « pensez en termes de paris ». La réalité est cependant plus complexe. Comme l’a dit Warren Buffett, « la diversification est une protection contre l’ignorance. [...] [Elle] n'a guère de sens si l'on sait ce que l'on fait ».

La tentation psychologique de renoncer à la diversité d'un portefeuille alors qu'une poignée de valeurs technologiques auraient fait l'affaire, tout comme la décision de privilégier le marché intérieur, est énorme. Et pas seulement pour les investisseurs privés. Les changements de style se produisent au sein des portefeuilles d'actions lorsque les périodes de sous-performance s'éternisent et que la pression exercée par la quête de rendement s'intensifie. Même les processus d'investissement, les philosophies et les egos les plus solides en sont victimes.

Cette publication est consacrée à l'exploration des dures réalités liées à la compréhension et à la réalisation d'une stratégie de diversification. Nous nous entretenons avec le professeur Paul Marsh, un chercheur disposant d'un accès privilégié aux données concernant les performances des marchés depuis plus d'un siècle. Il nous livre les enseignements tirés de son analyse des données de corrélation au cours des 25 dernières années.

Les corrélations entre actifs sont dynamiques. Dans « The non-linearity of diversification », Michele Gambera, Fatomata Konteh et Gianluca Oderda analysent le comportement des corrélations au fil du temps et recherchent les tendances liées à certains scénarios économiques et de marché.

Dans « Searching for active needles in indexing haystacks », Ian McIntosh se penche sur l'environnement difficile dans lequel les spécialistes de la sélection des titres ont évolué ces dernières années. Dans « The beauty of indexing », Boriana Iordanova reconnaît certaines des limites liées aux indices pondérés par la capitalisation boursière : elle plaide en faveur d’une combinaison d’indices factoriels pour obtenir des résultats ajustés du risque respectables.

Les placements alternatifs sont considérés à juste titre comme une source importante de diversification des portefeuilles, mais pas sans risques. Dans « Diversifying the diversifier », Daniel Edelman et Edo Rulli expliquent comment, à travers les trois R de la diversification (réplication, réduction des risques et représentation), les multi-gérants peuvent élargir l’accès et capturer les caractéristiques propres au marché. « The evolving role of private equity », de Markus Benzler et James Pilkington, examine la question de savoir si le capital-investissement peut réellement contribuer à la diversification ou s'il ne s'agit que d'une illusion de valorisation au prix du marché.

Pour finir, nous nous éloignons de l'optique pure des marchés de capitaux pour examiner la diversification dans le monde réel. « Comparative and competitive advantages », de Max Castelli et Lucy Thomas, explore les compromis délicats rencontrés lorsque l'on tente d'optimiser les chaînes d'approvisionnement, ainsi que l'interaction complexe entre géopolitique et durabilité.

Comme toujours, j'espère que vous apprécierez le contenu de cette édition et vous invite à me faire part de vos commentaires sur les améliorations à apporter ou sur les sujets à aborder à l'avenir.

Barry Gill, Responsable des investissements, ÃÛ¶¹ÊÓƵ Asset Management

Le fil rouge : Édition Diversification

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L’art des corrélations